• Search

    Nuit de cristal : le sort des participants

    Ce contenu est également disponible en : English Español

    Les Allemands ayant participé à la Nuit de cristal furent-ils punis de manière appropriée ?

    Afin d’innocenter Hitler et le régime nazi, les négationnistes de la Shoah affirment que :

    Les Allemands qui ont commis des incendies criminels, des meurtres, des voies de fait et des pillages au cours du pogrom de la Nuit de cristal ont été convenablement sanctionnés devant les tribunaux de droit pénal. Cela prouve que le régime nazi n’a pas fomenté ou approuvé ce pogrom.

    Par exemple, le négationniste de la Shoah David Irving prétend que Rudolf Hess, le chef du parti nazi et un proche collaborateur d’Hitler, « a ordonné à la Gestapo et à la Cour du parti d’étudier les origines de la violence de cette nuit et d’en présenter les coupables aux procureurs ».[1]

    Les faits sont les suivants :

    Les éléments de preuve montrent que les participants allemands ne furent pas sévèrement punis — quand ils le furent tout court — après la Nuit de cristal. La grande majorité des auteurs de violences ne furent pas poursuivis de quelque façon que ce soit. Seuls les cas de deux hommes furent envoyés au système judiciaire pénal, tous deux pour le crime de « honte raciale ». Les éléments de preuve montrent que tous les autres crimes – jusqu’au meurtre de Juifs – furent pardonnés ou ignorés.

    La « justice » et les criminels allemands après la Nuit de cristal :

    Le 10 novembre 1938, le ministère de la Justice informa ses fonctionnaires que les crimes comprenant des « dommages matériels aux synagogues, aux cryptes et aux cimetières, par des moyens incendiaires, explosifs et autres » ainsi que les « dommages aux magasins Juifs » ne seraient pas poursuivis.[2] Seuls les cas de meurtre, de lésions corporelles graves, et de destruction de maisons juives commis pour des « motifs personnels et les plus bas instincts » seraient étudiés.[3] L’enquête sur ce petit nombre de crimes devait être menée par les tribunaux nazis.[4] Dans 14 cas, dont le meurtre brutal de 21 Juifs, Hitler interrompit personnellement la procédure. Le pire châtiment que ces meurtriers aient reçu était un avertissement officiel et une exclusion de tout bureau du parti nazi pendant trois ans. La grande majorité des auteurs de violences reçurent des peines plus clémentes, ou aucune peine.[5] En fait, seulement deux affaires furent examinées par des tribunaux pénaux. Ces deux cas concernaient le viol de femmes juives. Ces hommes avaient commis un crime selon le droit allemand nazi. Ce crime n’était pas celui de viol, mais de « honte raciale » (Rassenschande), c’est-à-dire qu’ils avaient compromis l’idéal nazi de pureté raciale.

    Damage done to Karlsruhe synagogue during Kristallnacht. See page for author [Public domain]
    Stadtarchiv Karlsruhe, 8/PBS XIV, c85 [domaine public], via Wikimedia Commons.

    Conclusion :

    Contrairement aux affirmations des négationnistes de la Shoah, il n’est pas vrai que le gouvernement nazi punissait les auteurs allemands des crimes commis pendant la Nuit de cristal. La grande majorité des auteurs de violences n’ont pas été poursuivis du tout. Seuls deux hommes ont comparu devant le système judiciaire pénal, tous deux pour le crime de « honte raciale ». Les éléments de preuve montrent que tous les autres crimes – jusqu’au meurtre de Juifs – ont été pardonnés ou ignorés par le gouvernement nazi.

    Reich Citizenship Law (Reichsbürgergesetz) for the Protection of German Blood and German Honor
    Reichsgesetzblatt (RGBl) I 1935, S. 1146 (partie un sur deux), [domaine public], via Wikimedia Commons

    NOTES

    [1] David Irving, Goebbels: Mastermind of the Third Reich (Focal Point, 1996), p. 501. Ce livre est intégralement téléchargeable au format PDF à l’adresse http://www.fpp.co.uk/books/Goebbels/.

    [2] Richard J. Evans, David Irving, Hitler and Holocaust Denial, Section (4)(4.3)(c)(iii)(E)(2) à l’adresse www.hdot.org.

    [3] Richard J. Evans, David Irving, Hitler and Holocaust Denial, Section (4)(4.3)(c)(iii)(E)(1).

    [4] Richard J. Evans, David Irving, Hitler and Holocaust Denial, Section (4)(4.3)(c)(iii)(E)(2).

    [5] Richard J. Evans, David Irving, Hitler and Holocaust Denial, Section (4)(4.3)(c)(iii)(E)(3).