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    Crémations de masse de l’opération Reinhard : pas assez de bois

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    Quelle fut la quantité de bois nécessaire aux crémations de masse aux camps d’extermination de l’opération Reinhard ? (Partie 1 de 2)

    Les négationnistes de la Shoah affirment que :

    Une quantité astronomique de bois aurait été nécessaire pour alimenter les feux de crémation aux camps d’extermination de l’opération Reinhard de Treblinka, Belzec et Sobibor.

    Les faits sont les suivants :

    Les preuves montrent que les calculs relatifs au bois qui furent effectués par les négationnistes de la Shoah sont exagérés, en partie parce qu’ils sont basés sur un poids irréaliste pour les restes des victimes assassinées.

    Que disent certains négationnistes de la Shoah sur ce prétendu manque de bois ?

    « Denierbud », un négationniste de la Shoah et youtubeur américain, a calculé que les nazis avaient besoin d’un demi-milliard de livres de bois de chauffage pour brûler les 600 000 restes estimés à Belzec.[1]

    Carlo Mattogno, un négationniste italien de la Shoah, a calculé que les crémations à Belzec auraient nécessité la quantité « astronomique » de 96 000 tonnes de bois ! Il prétend que les crémations de masse auraient nécessité 19 000 camions ou plus de 3 800 wagons de marchandises pleins de bois. Personne n’a jamais observé un tel convoi de camions ou d’aussi longues lignes de trains remplis de bois.[2]

    Comment C. Mattogno et Denierbud ont-ils calculé le bois qui était nécessaire ?

    C. Mattogno et Denierbud ont chacun mené leurs propres expériences de crémation d’amateurs. Denierbud a brûlé 12,5 livres de gigot d’agneau sur un feu de plage et C. Mattogno a utilisé un grill de jardin pour incinérer plusieurs livres de boeuf.[3]

    Ce que les négationnistes de la Shoah ont trouvé grâce à leurs expériences :

    Négationniste

    de la Shoah

    Quantité de viande en kg Quantité de viande en livres Quantité de bois nécessaire en kg Quantité de bois

    nécessaire en livres

    Mattogno 1 kg de viande animale 2,2 livres 2,63 à 3,5 kg 6 à 8 livres
    *Denier         Bud 1 kg de gigot d’agneau 2,2 livres 10,9 kg 24 livres

    (*Denierbud brûla 5,7 kg (12,5 livres) de gigot d’agneau sur sa grille et prétendit que cela avait requis 61,2 kilogrammes de bois, ou 135 livres. Les chiffres de Denierbud sont ajustés pour représenter 1 kilogramme de gigot d’agneau à des fins de comparaison avec les résultats de C. Mattogno.)

    Tout d’abord, il convient de noter que quelque chose ne va pas avec l’une de ces expériences si ce n’est les deux. La différence entre leurs chiffres est immense, allant de 6 à 24 livres de bois pour incinérer 1 kilogramme de viande. L’une, si ce n’est les deux, doit être incorrecte.

    Selon les négationnistes de la Shoah : quantité totale de bois nécessaire pour environ 600 000 victimes à Treblinka

    Négationniste

    de la Shoah

    Est. du poids moyen de 1 corps en kilogrammes Poids moy.

    de 1 corps en livres

    Qté de bois de chauffage requis pour incinérer 1 corps Nombre total

    de corps

    Qté totale

    de bois de chauffage

    requis en kilogrammes

    Qté totale de bois de chauffage requis en livres Qté totale de bois de chauffage requis en tonnes métriques
    Mattogno 46 kg 101 livres 161 kg

    (45 kg de corps x 3,5 kg de bois)

    arrondis à 160 kg

    600 000 96 600 000

    (Arrondi à 96 000 000)

    211 643 772 96 000
    Denierbud Inconnu Inconnu 300 livres ou 136 kg 1 500 000 204 166 566 450 000 000 204 166

    (Les chiffres en gras sont les calculs de Denierbud, qu’il a obtenus en travaillant à reculons depuis ses chiffres de 300 livres de bois par corps multiplié par 1,5 million de corps, pour un total final de 450 millions de livres de bois.[4])

    Incohérences dans les affirmations de Denierbud sur l’utilisation du bois :

    Denierbud prétend que les Allemands auraient eu besoin d’utiliser 500 millions de livres de bois pour brûler les corps de Treblinka. Cependant, plus tard dans la même vidéo, il change ce chiffre, le divisant par deux (250 millions de livres).[5] Ce type d’incohérence devient dès lors un élément de base des soi-disant calculs de Denierbud.

    Plus tard, les calculs de Denierbud, présentés sous la forme d’un graphique dans sa vidéo « Un tiers de l’Holocauste », sont de 450 millions de livres de bois, mais il arrondit arbitrairement le chiffre à 500 millions. Voilà une manière bien libre d’« arrondir » — cela représente un total de 10% du chiffre final de 500 millions de livres. Elle est si libre, en fait, que la quantité plus précise de bois nécessaire à l’incinération des restes de 1,4 million de Juifs dans les trois camps est inférieure à la quantité que Denierbud a ajoutée (50 millions de livres).

    Les spéculations contradictoires de Denierbud peuvent être rejetées.

    Combien pesait un corps moyen ?

    Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les chiffres de C. Mattogno sont faux, mais la plus importante est sa surestimation du poids d’un corps moyen. C. Mattogno a supposé qu’un corps moyen pesait 46 kilogrammes (101 livres), mais n’explique pas pourquoi il a choisi ce chiffre.[6] Parce qu’il surestime le poids corporel moyen, il surestime aussi la quantité de bois nécessaire à l’incinération d’un corps.

    Nous avons des preuves à ce sujet. Kurt Gerstein, le SS qui a assisté à un gazage à Belzec, a noté avoir vu environ 700 personnes (dont environ la moitié était des enfants et des nourrissons) être assassinées dans une chambre à gaz qui mesurait environ 5 mètres sur 5 mètres (environ 16,5 pieds par 16,5 pieds). Gerstein estimait que le poids moyen des victimes était d’environ 35 kilogrammes (77 livres).[7]

    Charles Provan, qui se reconnaît lui-même comme étant un sceptique de la Shoah, a décidé de tester l’observation de Gerstein pour lui-même. Il construisit une boîte en contreplaqué avec une surface de base de 21 pouces par 21 pouces. La boîte avait un côté en verre, deux côtés de contre-plaqué, un côté d’ouvert et le dessus d’ouvert.

    Les résultats furent surprenants.

    Tout d’abord, Provan a constaté que deux jeunes adultes (27 et 34 ans), une femme septuagénaire et quatre enfants pouvaient entrer dans la boîte sans difficulté. Tous portaient leurs vêtements normaux et tous étaient capables de respirer normalement. Trois enfants (âgés de 6, 4 et 2 ans) s’asseyaient aux pieds des adultes tandis que l’enfant plus âgé (8) et les trois adultes se tenaient debout. L’un des adultes tenait une poupée en guise de nourrisson. C. Provan — inquiet que personne ne le croie — prit des photos.[8]

    Deuxièmement, quand C. Provan pesa ses participants, il trouva quelque chose d’encore plus intéressant. Le poids moyen des sept êtres humains et de la poupée représentant un bébé était de 33,25 kilogrammes (environ 73 livres). Les deux hommes adultes pesaient 63 et 62 kilogrammes, la femme âgée pesait 49 kilogrammes et les quatre enfants pesaient 25, 26, 19 et 15 kilogrammes. Il estima le poids du bébé/de la poupée comme étant 7 kilogrammes.[9]

    Les participants à l’expérience de C Provan étaient des Américains bien nourris, et non des Juifs polonais nus à moitié affamés, qui étaient d’une stature généralement plus petite que l’américain moyen. Les résultats de poids moyens de Provan (33,25 kilogrammes, ou 73 livres) sont beaucoup plus proches des observations de K. Gerstein (35 kilogrammes, ou 77 livres) que celles de C. Mattogno (46 kilogrammes, ou 101 livres).

    Les faits sur le poids des corps sont les suivants :

    Premièrement, un tiers des corps étaient apportés directement depuis les chambres à gaz et pesaient en moyenne environ 35 kilogrammes (77 livres). Ce chiffre est réaliste parce que la moitié des restes étaient ceux d’enfants et de nourrissons.

    Deuxièmement, les deux tiers des restes incinérés sur les grilles avaient été déterrés après avoir été enterrés pendant plusieurs mois. Le corps d’une femme contient environ 50% d’eau ; le corps d’un homme environ 60% d’eau ; et le corps d’un enfant jusqu’à 73%. Les restes exhumés auraient consisté en de la peau et des os séchés, avec une perte d’environ la moitié de leur poids d’origine. Ceci abaisse le poids moyen des corps exhumés des charniers de 35 kilogrammes (77 livres) à environ 14 kilogrammes (31 livres), d’après une moyenne d’environ 60% d’eau et le fait qu’environ la moitié était des enfants et des nourrissons.[10]

    Ainsi, il est raisonnable de conclure que le poids moyen de tous les restes était d’environ 25 kilogrammes (35 kilogrammes plus 14 kilogrammes divisés par 2), soit environ 55 livres.

    By yeowatzup from Katlenburg-Lindau, Germany - Motai-juku, Saku, Nagano, Japan, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24521385
    Par yeowatzup de Katlenburg à Lindau, en Allemagne — Motai-juku, Saku, Nagano, Japon, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/

    Conclusion :

    Les calculs de C. Mattogno concernant l’utilisation de bois sont exagérés, en partie parce que ses calculs sont basés sur un poids corporel moyen de 46 kilogrammes (101 livres). En réalité, le poids moyen des restes — compte tenu du fait qu’environ la moitié des victimes étaient des enfants et des nourrissons et que certains n’étaient plus que de la peau et des os séchés — était d’environ 25 kilogrammes (55 livres). Les spéculations de Denierbud ne méritent pas d’autres commentaires.

    NOTES

    [1] « One Third of the Holocaust » à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=taIaG8b2u8I à environ 03 h 08 minutes.

    [2] Carlo Mattogno, Belzec in Propaganda, Testimonies, Archeological Research, and History (Theses & Dissertations Press, 2004), p. 85 à l’adresse http://vho.org/dl/ENG/b.pdf.

    [3] « One Third of the Holocaust » entre environ 03 h 02 et 03 h 09 minutes et Carlo Mattogno, « Combustion Experiments with Flesh and Animal Fat » à l’adresse http://www.vho.org/tr/2004/1/Mattogno64-72.html.

    [4] « One Third of the Holocaust » à 03 h 08 minutes.

    [5] « One Third of the Holocaust » à 03 h 08 et 03 h 23 minutes.

    [6] Carlo Mattogno, Belzec in Propaganda, Testimonies, Archeological Research, and History (Theses & Dissertations Press, 2004), p. 85.

    [7] La partie pertinente qui concerne l’observation d’un gazage de masse à Belzec par K. Gerstein est disponible à l’adresse http://www.deathcamps.info/testimonies/Gerstein.htm.

    [8] Charles D. Provan, « Kurt Gerstein and the Capacity of the Gas Chamber at Belzec » à l’adresse http://holocaust.skeptik.net/documents/provan_gerstein.html.   Les images se trouvent tout en bas, sous « See the photos ».

    [9] Charles D. Provan, « Kurt Gerstein and the Capacity of the Gas Chamber at Belzec (Appendix: Statistics and Calculations of the Gas Chamber Capacity Experiment) » à l’adresse http://holocaust.skeptik.net/documents/provan_gerstein.html.

    [10] Roberto Muehlenkamp, « Carlo Mattogno on Belzec Archeological Research—Part 4(2) » à l’adresse http://holocaustcontroversies.blogspot.com/2006/05/carlo-mattogno-on-belzec_28.html.