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    Crémations de masse de l’opération Reinhard : bûchers funéraires hindous

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    Quelle est l’efficacité des bûchers funéraires utilisés par les hindous dans le cadre de leurs rites funéraires religieux ? Pourquoi les négationnistes de la Shoah s’y intéressent-ils ?

    Les négationnistes de la Shoah affirment que :

    Les grilles de crémation utilisées à Sobibor, Treblinka et Belzec étaient très mal conçues. Les grilles de crémation auraient dû être conçues comme un bûcher funéraire hindou, dans lesquels les restes reposent directement sur le bois. Cette conception aurait été beaucoup plus efficace que les grilles prétendument utilisées par les nazis. 

    Par exemple, « Denierbud », un négationniste de la Shoah et youtubeur américain, prétend qu’un tel modèle aurait été plus efficace parce que « quand le bois s’effondre, le corps le suit ».[1]

    Les faits sont les suivants :

    L’exemple d’un bûcher funéraire hindou n’est pas un modèle de comparaison utile pour les incinérations de masse des camps d’extermination de l’opération Reinhard de Treblinka, Belzec et Sobibor. En fait, les preuves montrent que la méthode de crémation hindoue est beaucoup moins économe en combustible que les crémations de masse qui eurent lieu dans ces camps.

    Par quel procédé les hindous incinèrent-ils leurs morts ?

    Les hindous croient que le corps n’est qu’un instrument qui sert à porter l’âme. Après la mort, l’âme se dissocie du corps. Le but de l’incinération des restes est de dissoudre le lien matériel entre l’âme et le corps physique. Cela permet à l’âme de passer paisiblement dans le monde astral. Lors d’une crémation hindoue, les restes sont placés directement sur une pile de bois et, après une série de rituels, ils sont embrasés. Chaque bûcher consomme entre 272 kilogrammes (600 livres) et 400 kilogrammes (880 livres) de bois. Le processus total de crémation dure environ six heures.[2]

    Le problème de l’utilisation des bûchers funéraires hindous comme modèle :

    Les bûchers funéraires hindous sont si inefficaces en ce qui concerne l’utilisation du bois que les incinérations, dont le nombre est estimé à 8,5 millions chaque année, sont un cauchemar écologique : elles requièrent environ 50 millions d’arbres ! En ce qui concerne les négationnistes de la Shoah, cela est ironique : certains négationnistes de la Shoah prétendent également souvent que les incinérations de masse supposées pendant la Shoah auraient utilisé une quantité incroyablement élevée de bois, une quantité de bois qui aurait entièrement dépouillé des forêts entières. En présupposant l’efficacité des bûchers funéraires hindous, ces négationnistes de la Shoah soutiennent sans le réaliser des propositions contradictoires.

    Certaines autorités indiennes remettent désormais en doute l’efficacité de la tradition des bûchers funéraires hindous. Appelant la méthode de pose du corps directement sur le bois un exemple de « combustion inefficace », les experts indiens font actuellement la promotion de l’utilisation de nouveaux systèmes de crémation. Ils veulent que les nouvelles crémations fournissent plus d’oxygène pour la combustion, ce qui permet l’utilisation de seulement environ 100 kilogrammes (220 livres) de bois par incinération.[3]

    Une comparaison qui ne marche pas : bûchers funéraires hindous et grilles de crémation de masse nazies

    Les grilles de crémation des nazis sont très différentes d’un unique bûcher funéraire hindou : les paramètres qui changent sont (1) le nombre de restes (environ 2 000) sur chaque grille dans les camps, (2) la proximité des restes les uns aux autres (empilés sur des hauteurs de plusieurs pieds dans les camps), et (3) la grande taille des grilles dans les camps (environ 66 mètres carrés ou 710 pieds carrés).[4] Ces conditions auraient contribué de façon significative au processus de crémation. Une fois que le feu aurait été commencé, cela aurait réduit ou éliminé la nécessité d’ajouter constamment plus de bois. En outre, le flux d’oxygène sous la grille aurait aidé le processus, ce qui rend ce processus plus économe en combustible — tout comme les experts en Inde le préconisent aujourd’hui.

    Conclusion :

    Le bûcher funéraire hindou n’est pas une comparaison utile pour les incinérations de masse aux camps de l’opération Reinhard. Les preuves montrent que la méthode de crémation hindoue est beaucoup moins économe en combustible que les crémations de masse qui eurent lieu à Treblinka, Belzec et Sobibor.

    Burning ghats of Manikarnika, Varanasi
    Par http://www.flickr.com/photos/fyunkie/ (http://www.flickr.com/photos/fyunkie/947823175/) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

     

    NOTES

    [1] Voir « One Third of the Holocaust » à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=taIaG8b2u8I à environ 03 h 05 minutes.

    [2] Tripti Lahiri, « New ‘green’ pyre to cool planet while burning India’s dead », Taipei Times, 16 juin 2007 à l’adresse www.taipeitimes.com/News/editorials/archives/2007/06/16/2003365571; Katie Rawls, « Cremations Harm Indian’s Environment » à l’adresse http://www.aboutmyplanet.com/religion/cremations-india%E2%80%99s/ ; Bruce Wallace, « Hindus urged to adopt ‘green’ cremation », Los Angeles Times, 3 septembre 2007 à l’adresse www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-ashes3sep03,0,4547624.story.

    [3] Tripti Lahiri, « New ‘green’ pyre to cool planet while burning India’s dead », Taipei Times, 16 juin 2007 ; Katie Rawls, « Cremations Harm Indian’s Environment » ; Bruce Wallace, « Hindus urged to adopt ‘green’ cremation », Los Angeles Times, 3 septembre 2007.

    [4] « Mattogno, Graf & Kues on Aktion Reinhard(t) Cremation (1) » à l’adresse http://holocaustcontroversies.blogspot.com/2011/03/mattogno-graf-kues-on-aktion-reinhardt.html.